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Titre du blog : La pratique du communisme selon marx
Auteur : lapratiqueducommunisme
Date de création : 17-11-2010
 
posté le 17-11-2010 à 11:33:19

A.2 La relation entre la révolution et les conditions de la vie

Les conditions de la vie sont le nom donné à un moment historique précis dans un lieu précis. Il ne faut pas confondre les conditions de vie, qui se relatif à un ensemble d’individu selon des critères sociaux ou économique et les conditions de la vie, qui est général et historique dans une société. Ainsi nous pouvons dire que les circonstances de la naissance du capitalisme étaient au début des grandes découvertes, dans les pays industrialisés d’Europe et durant les diverses monarchies. La société alors parvenue à maturité pour passer à une société libérale, comme nous l’avons vu précédemment. Il s’agit alors maintenant de comprendre les diverses circonstances de la vie qui aboutissent au communisme et avant cela, à la révolution. Autrement dit, il s’agit de comprendre comment la société parvient à devenir une société nouvelle.


« En fait, il lui faut d’abord créer le point de départ révolutionnaire, la situation, les conditions, les rapports sociaux qui, seuls, rendent vraiment possible la révolution moderne. »

Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte, Gallimard La Pléiade, 1994, p.441


«  Ce sont également ces conditions de la vie, trouvées par, les générations successives, qui déterminent si l’ébranlement révolutionnaire, revenant périodiquement dans l’histoire, est ou n’est pas assez puissant pour renverser totalement les fondements de l’ordre établi entier - Et si ces éléments matériels d’un bouleversement total - d’une part, les forces productives existantes et d’autre part la formation d’une masse révolutionnaire qui se révolte, non seulement contre certaines conditions de la société passée, mais aussi contre l’ancienne « production de la vie », contre cette « activité totale qui est à sa base – n’existent pas, il est tout à fait indifférent pour le développement pratique que l’idée de ce bouleversement ait déjà été formulée cent fois : l’histoire du communisme le montre ».

Idéologie Allemande, Feuerbach Paris Nathan, 2007 p.65


Comme l’affirme Marx, ce sont les conditions de la vie qui déterminent si l’ébranlement révolutionnaire est un échec ou non. Cependant nous devons noter, avant toute chose, que les conditions de la vie ne sont pas la difficulté de la vie des prolétaires à proprement dit ou bien leur aliénation, bien que cela joue aussi nécessairement un rôle, mais plutôt un moment précis. Parmi les nombreuses révolutions, nous pouvons citer parmi les plus bouleversantes :


Nous pouvons entre autre comptabiliser 35 révolutions entre 1641 et 1968 qui ont abouti à des changements plus ou moins radicaux ou à des échecs toujours sanglants. Nous pouvons donc affirmer, avec Marx, selon ces preuves historique que les bouleversements révolutionnaires reviennent périodiquement. Mais leur victoire ou leur échec n’est dû qu’aux conditions de la vie, selon Marx. Effectivement ces conditions regroupent des circonstances historiques précises et donc des consciences humaines déterminées, puisque que rappelons-le, ce sont les hommes qui font l’histoire. Or si ces circonstances sont favorables, alors les consciences révolutionnaires des hommes sont nécessairement développées et donc la révolution aboutira nécessairement. En effet, la conscience révolutionnaire est le moment où les prolétaires désirent une révolution et donc il ne peut y avoir de meilleures circonstance que ce moment historique : le moment même de la prise de conscience. Cependant nous devons remarquer que la connaissance parfaite des circonstances favorables ne peut se faire qu’a posteriori car ce n’est qu’après la révolution que nous pouvons savoir si cette dernière est une réussite ou non. Ainsi, enfermés dans l’histoire, nous avons seulement la possibilité d’identifier les meilleures conditions possibles et de faire le pari de la réussite d’une révolution mais nous ne pouvons jamais en avoir la certitude. Les conditions de la vie favorables à une révolution aboutissent nécessairement à la réussite de la révolution car si la révolution est effective alors c’est que nécessairement les conditions étaient réunies pour qu’elle aboutisse. Ceci n’est qu’une pure tautologie car si cela a marché c’est que cela était nécessairement possible. Ce que Marx veut affirmer ici ce n’est pas seulement le fait que ce sont les hommes qui font que les révolutions réussissent ou non, mais ce sont aussi les conditions de la vie. Il existe un moment précis pour une réussite.

Marx tire ici les enseignements de Machiavel. Effectivement, il indique clairement qu’il ne suffit pas d’avoir des intensions pour réaliser une action politique mais qu’il faut aussi les combiner avec les circonstances de la vie, autrement dit, ce que Machiavel appelait dans son livre, Le Prince1, la « fortuna ». La « fortuna », que l’on peut traduire par la fortune ou la chance, est la nécessité extérieure à laquelle rien ne s’oppose et où toute volonté contraire abdique nécessairement. Autrement dit, la « fortuna » est ce qui illustre l’imprévisibilité de la vie et ce avec quoi les acteurs politiques, et donc pour notre propos les prolétaires, doivent composer. Les conditions de la vie, ici citées par Marx, ne sont rien d’autre que la « fortuna » de Machiavel car bien que Marx ne définie pas les circonstances de la vie comme étant dus au hasard ou à la chance, elles agissent cependant exactement de la même façon. Les prolétaires devront combiner leurs actions politiques aux conditions de la vie car sans cela la révolution ne peut qu’être qu’un échec. En face de la « fortuna », nous trouvons, chez Machiavel, la « virtù », ce que nous pourrions traduire par la vertu. La « virtù », chez Machiavel, doit être comprise comme la capacité d’imposer sa volonté à la « fortuna ». La « virtù » n’est donc pas la vertu des hommes à proprement parlée, mais plutôt leurs intérêts face à la chance et surtout leurs capacités à maîtriser ce hasard. Autrement dit, la vertu d’un homme politique n’est rien d’autre que sa capacité à s’adapter à la contingence des circonstances. De plus, il ne faut pas oublier les paroles de Machiavel qui disaient « Là où défaille la virtù des hommes, la fortuna porte ses coups les plus efficaces ». Autrement dit, la « fortuna » est bien plus puissante que la « virtù » et c’est pourquoi il faut toujours agir intelligemment avec la chance. Effectivement, le hasard apparaît comme un concept paradoxal de nécessité contingente. La chance apparaît comme contingente dans la mesure où tout force à croire que son dessein aurait pu être tout autrement. Ainsi si nous lançons un dé et qu’il tombe sur le chiffre 2, nous pouvons affirmer sans se tromper qu’il avait une chance sur six de tomber sur ce chiffre. Par conséquent, ce résultat aurait pu être autrement et même mathématiquement il y a plus de chance qu’il en est été autrement. Il en va ainsi avec tous les événements qui contractent, à un moment ou à un autre, la chance. Mais d’un autre coté la chance a un caractère de nécessité car aucune volonté humaine ne peut changer un événement dû au hasard. Ainsi la volonté humaine semble se plier. Nous avons beau faire tous les efforts possibles pour réaliser une chose, si la chance n’est jamais de votre coté, vous n’y arriverez jamais. Ainsi si un coureur cycliste, qui s’est durement entraîné pour gagner une course, crève une voire deux fois pendant cette course alors il ne pourra jamais la gagner. Cependant, dans le chapitre VI, du livre de Machiavel, Le Prince2, l’auteur nous montre bien que la « virtù » est la capacité d’imposer sa volonté à la « fortuna » dans la mesure où la « fortuna » est considérée comme l’occasion de faire preuve de sa « virtù » en mettant en place sa volonté. Car il ne faut pas oublier qu’a contrario, c’est grâce à la chance que certaines actions sont possibles. La chance montre ainsi la nécessité d’agir à l’homme politique qui est un minimum habile. La vertu est alors la lucidité dont l’homme politique fait preuve en analysant sa chance. La chance et la vertu sont donc deux forces qu’il faut combiner dans les actions politiques. De même, chez Marx, les prolétaires doivent savoir reconnaître et provoquer les circonstances favorables à la révolution car c’est à partir de cela que la réussite ou non de leurs actions aura lieu. Les prolétaires doivent faire preuve de vertu pour combiner leur action aux conditions de la vie car ce sont ces conditions de vie qui s’imposent à la volonté et non le contraire. Mais là où Marx se différencie de Machiavel, c’est dans le fait que chez Machiavel, la « fortuna » n’est pas une affaire qui est déterminée par les hommes, alors que chez Marx, les circonstances de la vie sont déterminées par les hommes. Cependant, chez Marx, les circonstances sont certes déterminées par les hommes, mais pas par un seul homme qui choisi ces circonstances en toute connaissance de cause. Les conditions de la vie sont déterminées par l’interaction d’une multitude d’actions libres mais qui ne sont pas pour autant calculables. Un homme réalise une action, avec une portée plus ou moins grande, et celle-ci se combine avec toutes les actions des autres hommes qui ont leur propre influence et forment ainsi les circonstances de la vie. La volonté d’une poignée d’hommes ne peut pas s’imposer face au tumulte débridé de l’interaction des actions surtout si ce tumulte est en tout point défavorable à cette volonté. Les circonstances défavorables à une révolution ne signifient alors rien d’autre qu’une multitude d’actions humaines hostiles à une révolution. Autrement dit, la majorité des hommes est hostile à la révolution et donc la classe des prolétaires n’est pas unie en une masse universelle et révolutionnaire. Les conditions de la vie favorables décrites ici par Marx sont donc : Un prolétariat qui est uni en une « masse révolutionnaire ».


A.2.1 Le développement des forces productives

Comme nous pouvons le lire, les circonstances de la vie matérielle sont pour Marx, les forces productives et la masse révolutionnaire. Les forces productives font directement partie des conditions de la vie qu’il faut contracter pour la réussite d’une révolution. Autrement dit, il faut des forces productives précises pour former la masse révolutionnaire. Les forces productives sont la somme des moyens utilisés pour produire des marchandises. En d’autres termes ce sont les prolétaires et les machines utilisées pour la confection de leur objet de travail. Ces forces productives doivent atteindre une certaine maturité et c’est cette maturité qui rend favorable les circonstances de la vie matérielle pour une révolution :


« A un certain stade de leur développement, les forces productives matérielles de la société entrent en contradiction avec les rapports de la production existante, ou ce qui n’en est que l’expression juridique avec les rapports de propriété au sein desquelles elles s’étaient mues jusqu’alors. Des formes de développement des forces productives qu’ils étaient, ces rapports en deviennent des entraves, alors s’ouvre une époque de révolutions sociales »

Préface à la critique de l’économie politique de 1859. Paris, Gallimard 1972


L’une des conditions de la vie nécessaire à la révolution est donc le développement à maturité des forces productives. Autrement dit attendre que les forces productives entrent en contradiction avec les rapports de la production existante, c'est-à-dire attendre ce que nous avons développé précédemment : la prise de conscience des diverses aliénations et la crise. Les rapports de production sont par définition l’ensemble du système capitaliste du travail salarial, c'est-à-dire la classe prolétarienne qui vend sa force de travail à la bourgeoisie pour faire augmenter le capital de cette dernière. A cause de la surproduction, la classe bourgeoise doit nourrir le prolétariat au lieu du contraire car la masse salariale ne fait plus augmenter les gains des capitalistes. Ceci abouti à la crise économique, comme nous l’avons vu, et donc à des licenciements en masse. « S’ouvre alors une époque de révolutions sociales » car le prolétariat fait l’expérience de la misère la plus totale : plus rien ne lui permet de survivre. Effectivement, comme l’affirme Marx : « Si tant est que la misère soit un moyen, la misère sanglante est, à n’en pas douter, un moyen très radical pour engendrer l’intelligence »3. L’intelligence est ici à comprendre comme étant la conscience de l’aliénation, c'est-à-dire que le prolétaire qui fait l’expérience de la misère prend conscience radicalement de la nécessité de changer le modèle capitaliste et ceci car il se rend compte que ce mode de système n’est pas compatible avec son existence. Il ne peut plus se complaire de son aliénation. Par la misère, le prolétaire prend conscience de cette nécessité de changement car il n’a pas d’autre moyen pour vivre que de se rebeller. Le capitalisme, en temps de crise, prive le prolétaire de tout moyen de subsistance et ceci afin de sauver les entreprises de la faillite. Or les prolétaires, qui sont obligés de vendre leur force de travail pour pouvoir vivre, se retrouvent sans emploi et donc sans moyen pour vivre. Ils ont alors comme possibilité soit de se laisser mourir de faim, soit de se rebeller contre ce système, d’autant plus que dans ce cas ils n’ont même plus la vie à perdre. Leur vie est condamnée par la perte de leur emploi. La révolution semble la seule alternative à la misère. Par la chute du taux de profit, les forces productives entrent en contradiction avec les moyens de production existant, ce qui entraîne nécessairement une partie des forces productives dans la misère et par le biais de l’expérience de la misère, les forces productives sont poussées à la révolte et acquièrent malgré une conscience communiste. Les conditions de la vie sont alors des plus favorables pour une révolution.

 

A.2.2 La nécessité du développement de la masse révolution

La seconde condition pour des circonstances favorables à une révolution est la création d’une masse révolutionnaire. La création de cette masse n’est rien d’autre que le développement du prolétariat en classe universelle. La révolution est totalement dépendante de cette étape ultime que seuls les prolétaires peuvent réaliser.


« L’appropriation ne peut s’accomplir que par une union elle-même obligatoirement universelle, en raison du caractère du prolétariat lui-même, par une révolution qui verra, d’une part, la chute de la puissance de l’ancien mode de production et des échanges ainsi que l’organisation sociale précédente, d’autre part, elle verra se développer dans le prolétariat le caractère universel et l’énergie nécessaire à l’accomplissement de l’appropriation, une révolution enfin où le prolétariat se débarrassera de tout ce qui lui reste de sa position sociale antérieure. »

Idéologie Allemande, Feuerbach, Paris Nathan, 2007 p.98


Il faut, tout d’abord comprendre l’appropriation par la privation des moyens de production aux mains la bourgeoisie et ce au profit du prolétariat. Cet objectif est le but même d’une société communiste qui a pour objectif d’abolir l’aliénation humaine. Cette appropriation des moyens de production ne peut passer que par l’union des prolétaires qui doit être nécessairement universelle, puis que cette appropriation doit passer par une révolution. Le prolétariat est, rappelons-le, l’ensemble des hommes et des femmes qui sont obligés de travailler pour vivre. Mais il ne forme pas une unité a priori. Au contraire, avant toute ambition révolutionnaire, il ne forme qu’une masse difforme que nous pouvons regrouper sous le concept abstrait de prolétariat. Il doit passer de ce concept abstrait à un fait empirique : la classe du prolétariat. Mais pour qu’il forme, dans la pratique, la classe du prolétariat, il est nécessaire de procéder à un long processus, que nous allons prochainement développer. La révolution est le moment où, par définition, un groupe d’individus renverse par la force le pouvoir établit. Par conséquent, pour réussir une révolution il faut d’abord établir un groupe, c'est-à-dire former une union avec plusieurs individus. Union qui devra nécessairement être plus puissante que le pouvoir en place. Ainsi pour réaliser une révolution communiste, il faut nécessairement rendre le prolétariat uni pour renverser la classe bourgeoise. Le caractère même du prolétariat impose alors l’union de celui-ci car il est, selon son concept même, une multitude d’individus distincts vivant dans les mêmes conditions sociales. Ces individus, les prolétaires, ne possèdent aucune union entre eux a priori. Il faut alors construire cette union.

Ensuite, la révolution fera chuter l’ancien mode de production. Effectivement, l’objectif même d’une révolution est de changer les anciens modes d’existence. Les assaillants, en prenant le pouvoir, imposent aux vaincus et au reste de la société ce qu’ils veulent. Ils ont alors pour choix, soit de rester dans le même état que précédemment, et dans ce cas la révolution n’a pas de sens en soit, car l’essence même de la révolution est dénaturé, soit ils bouleversent les anciens modes d’existence, c'est-à-dire qu’ils transforment, dans la pratique, la manière de vivre des hommes. Une révolution du prolétariat transformera nécessairement le mode de production et d’échange de la société précédente, ainsi que son organisation sociale car l’essence même de cette révolution repose dans la transformation du statut des prolétaires. Or leur statut d’aliéné est retenu principalement par le mode de production et d’échange de la société capitaliste et de ceci en découle une organisation sociale. Effectivement, comme nous l’avons vu précédemment, le statut du prolétariat est causé par la bourgeoisie qui monopolise les moyens de production. Il devient alors dépendant de la bourgeoisie car il est obligé de travailler pour vivre. La bourgeoisie, par le moyen d’échanges capitalistes, exploite et aliène nécessairement ces salariés pour obtenir le gain le plus grand possible, comme nous l’avons déjà développé. La révolution du prolétariat transformera donc le mode de production et d’échange car c’est ce mode qui l’aliène directement et qui donc le pousse à la révolution. Alors nécessairement l’organisation sociale sera bouleversée. Le rapport de domination établi par la bourgeoisie grâce au monopole des moyens de production sera détruit en même temps que sera détruit le mode de production puisque ces rapports de domination sont directement issus du mode de production.

Enfin, la révolution «  verra se développer dans le prolétariat le caractère universel et l’énergie nécessaire à l’accomplissement de l’appropriation ». Le caractère universel d’une chose est par définition sa capacité à s’étendre et à s’appliquer à tous les êtres. Ainsi le caractère universel du prolétariat réside dans le fait que tous les hommes faisant partie théoriquement du prolétariat se reconnaissent dans les actions pratiques de la classe du prolétariat. Le prolétariat prend alors un caractère universel si tous les êtres qui la composent prennent conscience dans leur union. Il contracte ce caractère lorsqu’il est regroupé en une masse et que cette masse prend conscience qu’elle fait partie du prolétariat. Ce caractère naît alors d’une relation de réciprocité entre le concept de prolétariat et les hommes qui le composent, dans les faits. Le prolétariat est élevé en masse révolutionnaire si les hommes qui composent cette masse prennent conscience de faire partie d’une même classe : le prolétariat. Mais c’est seulement pendant la révolution que l’on verra alors se développer le caractère universel du prolétariat car c’est qu’à travers la révolution que les hommes qui composent le prolétariat prennent conscience de faire partie de cette masse d’hommes qu’on nomme « prolétaire ». Car c’est seulement dans la révolution même qu’ils agiront tous ensembles dans le même but. La révolution étant le mouvement pratique où une force politique renverse une autre force politique, en faisant partie de ce mouvement pratique, les hommes qui réalisent une révolution prendront conscience, dans la pratique, de faire partie de la même force politique. Par conséquent, c’est dans la révolution que le prolétariat prendra un caractère universel. Ce caractère universel n’est rien d’autre que le degré ultime du développement du prolétariat en masse. Or ceci est la condition nécessaire à la révolution prolétarienne. Cependant, bien que le prolétariat acquière un caractère universel seulement dans la révolution, comment le prolétariat va réaliser sa révolution s’il n’a pas déjà acquis ce caractère? Autrement dit, si le prolétariat devient universel seulement dans la révolution, comment alors unir un prolétariat qui n’a pas de caractère universel, un prolétariat qui est a priori désuni ?

1 Machiavel, Le prince, Paris. Ed. PUF, 2000

2 Machiavel, Le prince, Paris. Ed. PUF, 2000

3 Argent, Etat et prolétaire, Paris, Gallimard La Pléiade, 1982 p.416